Yoon Suk Yeol: Premier Président Coréen Face à la Justice

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Le président suspendu Yoon Suk Yeol assiste à une audience dans le cadre de son procès en destitution à la Cour constitutionnelle de Jongno-gu, dans le centre de Séoul, le 13 février. (Yonhap)
Le président suspendu Yoon Suk Yeol assiste à une audience dans le cadre de son procès en destitution à la Cour constitutionnelle de Jongno-gu, dans le centre de Séoul, le 13 février. (Yonhap)

Jeudi, pour la première fois dans l’histoire de la Corée du Sud, un président en exercice comparaîtra devant un tribunal pénal. Yoon Suk Yeol, président suspendu, est accusé d’insurrection et d’abus de pouvoir. Ce procès très médiatisé pourrait s’étendre sur six mois et inclure des témoignages clés.

L’audience préliminaire de ce jeudi, au tribunal du district central de Séoul, marque le début d’une bataille juridique qui pourrait aboutir à une condamnation à perpétuité. Selon la loi sud-coréenne, un accusé peut être détenu jusqu’à six mois après son inculpation. Ainsi, Yoon pourrait rester en détention jusqu’au 25 juillet, sauf en cas de libération sous caution ou d’annulation de son arrestation.

Parallèlement, la Cour constitutionnelle doit rendre son verdict sur sa destitution d’ici le 11 mars, après une audience finale prévue le 25 février. Pour confirmer la destitution, six des huit juges doivent voter en sa faveur. Si elle est validée, Yoon perdra son immunité présidentielle et pourra être poursuivi pour d’autres charges, notamment des abus de pouvoir supplémentaires.

Le procès pénal se concentrera sur des infractions spécifiques, notamment l’imposition avortée de la loi martiale et l’éventuelle intention insurrectionnelle de Yoon. Certains experts estiment qu’il pourrait être condamné à la réclusion à perpétuité, bien que la peine de mort soit jugée peu probable, son action n’ayant pas entraîné de morts ou de blessés, contrairement à des précédents historiques comme le massacre de Gwangju sous Chun Doo-hwan.

Cette affaire rappelle celles de ses prédécesseurs, Park Geun-hye et Lee Myung-bak, qui ont été jugés et emprisonnés après leur mandat. Cependant, Yoon est le premier président en exercice à être traduit en justice devant un tribunal pénal.

Anciens présidents jugés pour des affaires criminelles

Chun Doo HwanRoh Tae WooLee Myung BakPark Geun Hye
Accusations criminellesInculpé pour insurrection, trahison, corruption et 8 autres chefs d’accusationInculpé pour insurrection, trahison, corruption et 8 autres chefs d’accusationInculpé pour corruption, détournement de fonds et 14 autres chefs d’accusationInculpée pour corruption, abus de pouvoir, coercition et 15 autres chefs d’accusation
Verdict du premier procèsPeine de mort22 ans et 6 mois de prison15 ans de prison24 ans de prison
Peine de prison effective2 ans et 20 jours de prison (Gracié par le président Kim Young-sam en 1997)2 ans et 1 mois de prison (Gracié par le président Kim Young-sam en 1997)2 ans et 6 mois de prison (Gracié par le président Yoon Suk Yeol en 2022)4 ans et 9 mois de prison (Graciée par le président Moon Jae-in en 2021)

Plusieurs facteurs pourraient influencer l’issue du procès. La nomination d’un neuvième juge à la Cour constitutionnelle pourrait retarder le verdict. De plus, l’équipe légale de Yoon a déjà tenté d’annuler son mandat d’arrêt et pourrait user d’autres stratégies, comme une démission collective de ses avocats, pour ralentir la procédure.

Si aucun verdict n’est rendu avant l’expiration du mandat d’arrêt en juillet, Yoon pourrait être libéré et le procès se poursuivrait sans détention. Toutefois, compte tenu de la gravité de l’affaire, les procureurs chercheront probablement à éviter un tel scénario.

La décision finale de la Cour constitutionnelle et le déroulement du procès auront des répercussions majeures, non seulement pour Yoon, mais aussi pour l’équilibre politique de la Corée du Sud, alors que son parti tente de conserver le pouvoir lors des prochaines élections.

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