Le gouvernement sud-coréen a annoncé son engagement à partager les données sur les appels d’escroquerie par hameçonnage avec des entreprises privées. Cette initiative vise à développer des logiciels et des services basés sur l’intelligence artificielle (IA) pour contrer les escroqueries par hameçonnage vocal, un fléau en constante augmentation ces dernières années.
Les escroqueries par hameçonnage vocal, ou appels téléphoniques frauduleux, ont causé des pertes estimées à 196,5 milliards de wons (environ 140 millions d’euros) en 2023, selon les données du Financial Supervisory Service (FSS) de mars 2024. Ce montant représente une hausse de 35,4 % par rapport à 2022.
Pour répondre à cette menace croissante, plusieurs organismes gouvernementaux, dont la Commission de protection des informations personnelles, le ministère de la Science et des TIC, la Commission des services financiers, le FSS, le National Forensic Service (NFS), et la Korea Internet and Security Agency, ont signé un protocole d’accord. Cet accord prévoit de partager les données sur les appels d’escroquerie par hameçonnage avec les entreprises privées et les opérateurs mobiles, pour qu’ils puissent développer des technologies basées sur l’IA visant à lutter contre ces crimes.
Selon les termes du protocole, le FSS fournira en permanence les données vocales collectées à partir des rapports de victimes au NFS. Après un processus de désidentification des données, le NFS établira un système de partage accessible aux entreprises privées pour le développement de technologies d’IA.
Le ministère des Sciences et des TIC et la PIPC ont également convenu de planifier et promouvoir des projets de développement technologique dirigés par le gouvernement. Ces projets seront axés sur la création de modèles d’analyse vocale pour réduire les escroqueries par hameçonnage vocal.
Ce nouvel accord simplifie également la tâche des opérateurs mobiles et des entreprises privées. Jusqu’à présent, ils devaient contacter individuellement chaque organisation gouvernementale pour obtenir l’accès aux données nécessaires à leurs projets. Désormais, ces données seront centralisées et plus facilement accessibles.
Le PIPC a indiqué avoir reçu plusieurs demandes d’opérateurs de téléphonie mobile et d’entreprises pour approuver leurs projets de développement de services d’IA contre les escroqueries par hameçonnage vocal. Par exemple, SK Telecom, un opérateur mobile coréen, prévoit de lancer ce mois-ci un service d’IA capable de déterminer en temps réel si un appel est suspect, basé sur le contexte de l’appel, et d’alerter l’utilisateur ou un membre de sa famille.
Sources : (Yonhap et The Korea Herald)


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