Les tatoueurs sud-coréens ont pris d’assaut les rues de Daegu il y a quelques jours, brandissant des pancartes et appelant à la légalisation des tatouages non médicaux, alors que le pays se prépare pour son tout premier procès impliquant la base juridique des tatouages réalisés par des non-médecins.
Réunis devant le tribunal de district de Daegu à Suseong-gu, plusieurs membres de la Fédération coréenne de tatouage ont exprimé leur soutien envers un praticien accusé d’avoir réalisé un tatouage de sourcils sans licence médicale. La jeune tatoueuse a écopé d’une amende suite à une procédure judiciaire sommaire pour pratique médicale illégale, mais elle a insisté pour un procès complet.
La situation des tatouages en Corée du Sud a été définie comme une procédure médicale depuis une décision historique de la Cour suprême en 1992, bien qu’aucune loi spécifique ne les réglemente en tant que tel. Dans le cas des tatouages de sourcils, la Cour suprême a statué ultérieurement qu’ils devraient être considérés comme une procédure médicale en raison du risque d’infection associé.
Im Boran, le chef de la KTF, a déclaré : « Définir les tatouages comme une procédure médicale est ce qui criminalise les tatoueurs… Il devrait y avoir une loi pour institutionnaliser les tatouages plutôt que de laisser les choses telles qu’elles sont« .
Le procès à venir se tiendra sous la forme d’un procès participatif pour citoyens, un type de jury mis en place en 2008 en vertu de la loi sur la participation citoyenne aux procès criminels. Contrairement à d’autres pays où le jury détermine la culpabilité du défendeur, en Corée du Sud, les jurys ne peuvent que recommander un verdict, bien que leur opinion ait généralement un poids considérable dans la décision finale du juge.
Ce procès marquera la première fois où des jurys citoyens auront leur mot à dire sur le statut légal des tatouages non médicaux, offrant ainsi un reflet plus direct de l’opinion publique sur la question. Le verdict de ce procès sera rendu mardi prochain.
Le débat sur la légalisation des tatouages par des non-médecins reste d’actualité en Corée du Sud, et en mars, le gouvernement a lancé une étude pour développer un examen national de qualification pour les praticiens du tatouage. Un système de certification approuvé par l’État est une demande majeure des tatoueurs, car cela leur permettrait de légaliser leur pratique sans avoir besoin d’un diplôme médical.
Sources : Yonhap et The Korea Herald


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