La Hallyu, la révolution silencieuse des étudiants internationaux en Corée du Sud

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Les universités sud-coréennes sont le théâtre d’une transformation culturelle majeure, alimentée par l’essor du nombre d’étudiants internationaux.

Malgré une période de stagnation due à la pandémie, le nombre d’étudiants étrangers en Corée continue d’augmenter, passant à 181 842 en 2023, plus du double par rapport à il y a une décennie.

La diversité des origines des étudiants internationaux s’est également considérablement élargie. Alors que la majorité vient d’Asie, une part croissante provient d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Afrique et d’autres régions du monde. La popularité croissante du contenu coréen, ou Hallyu, explique en partie cette tendance, selon Lee Un Sik, du ministère de l’Éducation.

La Chine, longtemps en tête du nombre d’étudiants étrangers, voit sa domination décliner, tandis que les étudiants vietnamiens gagnent en présence. Cette montée en puissance des étudiants vietnamiens est attribuée à l’essor de la culture coréenne au Vietnam, soutenue par des figures influentes comme l’entraîneur de K-pop et de football Park Hang Seo.

Cette tendance a des répercussions intéressantes sur les programmes académiques. Alors que certains domaines connaissent un déclin, les disciplines liées à la langue coréenne et à la culture, autrefois en déclin, attirent maintenant l’attention des étudiants internationaux, en partie grâce à leur intérêt pour la K-pop et les idoles.

Pour beaucoup d’étudiants internationaux, étudier en Corée représente bien plus qu’une simple formation académique. C’est une voie vers une vie meilleure, imprégnée de la culture dynamique et du mode de vie avancé du pays. Liana Shin, originaire du Kirghizistan, témoigne de cette perspective, soulignant la sécurité et la diversité culturelle offertes par la Corée.

Cependant, derrière les rêves de réussite se cachent des défis bien réels. Les étudiants étrangers, confrontés à des exigences financières strictes pour rester en Corée, se retrouvent parfois piégés dans un cycle de difficultés administratives. Jun Jung Sook, professeure à l’Université Pyeongtaek, souligne que de nombreux étudiants d’Asie du Sud-Est travaillent à temps partiel pour subvenir à leurs besoins, mais peuvent finir par devenir des immigrants illégaux.

Le recours à des courtiers pour naviguer dans le processus d’immigration complexe est courant, mais peut être coûteux et entraîner des conséquences imprévues. Malgré l’accès accru à l’information, de nombreux étudiants dépendent toujours des courtiers pour leur expertise et leur assistance.

La Corée du Sud, consciente de l’importance des étudiants internationaux pour pallier le déclin démographique et renforcer sa compétitivité mondiale, a mis en place des mesures pour attirer davantage d’étudiants étrangers. Cependant, les défis persistent après l’obtention du diplôme, avec des obstacles administratifs et des difficultés d’intégration dans le marché du travail.

Alors que la Corée du Sud cherche à établir un système plus durable pour accueillir et intégrer les étudiants internationaux, une collaboration étroite entre les universités, les entreprises et les gouvernements locaux est essentielle.

Il est nécessaire de créer des passerelles efficaces entre l’éducation, l’emploi et l’immigration pour assurer une transition fluide vers la vie professionnelle et la résidence permanente pour les étudiants internationaux.

Source : The Korea Herald

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